La deuxième édition du Festival Ponso s’est terminée samedi sur un bal la pousièr emmené par l’accordéon de Régis Lacaille, après une prestation flamboyante du groupe Destyn. La soirée a commencé par un concert de Firmin Viry, où l’on a pu sentir l’énergie, le cœur et la sincérité toujours renouvelée que M. Viry et ses musiciens infusent dans leur maloya. Dans la journée, après un rishofé marqué par le roulèr et les choristes de Bann Laope, on a pu s’échauffer avec le maloya acoustique de Zangoun, la romance d’Amba et la finesse et la poésie du marmay la Sours Tiloun.

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Une journée ensoleillée passée sous le signe de la tradition et du partage, valeurs portées par Lantant Ponso, qui a organisé ce festival avec le soutien de sa grande sœur Lantant Zamalak. Le vivre ensemble, le patrimoine, la culture, voilà trois axes essentiels que l’association défend toute l’année au travers de multiples actions, afin de réussir la transition de L’Eperon, ce quartier des hauts de St Paul, d’un passé riche en Histoire vers une urbanisation progressive et inévitable, comme partout ailleurs à la Réunion.

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Les festivités de cette édition 2011 ont commencé mercredi soir à la Kaz Clément au son du Timbila, cet instrument venu du Mozambique, puis se sont poursuivies avec le fonnkézèr et initiateur du festival, Teddy Iafare-Gangama. Les spectateurs, assis dans la cour sous la lumière de la lune, ont ensuite pu écouter la formation Boklèr. Les trois guitaristes Alix Poulot, Luçay Canon et Jozéfinn, que l’on retrouve souvent sur les routes de France et pas assez sur les chemins réunionnais au goût de l’association Zamalak, qui œuvre pour la diffusion de la culture et des arts en langue créole, ont accepté avec plaisir cette invitation à créer ensemble. On les verra sans aucun doute à nouveau réunis dans l’année à venir sur les scènes réunionnaises.

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Jeudi, ça se passait chez deux autres familles de l’Eperon, chez Mme Lakia et Monsieur Belbel, avec, pour le plaisir des quelques 100 personnes ayant fait le déplacement, de nombreux conteurs invités à faire revivre les zistoirs du patrimoine oral réunionnais, mais pas seulement : Véronique Insa, avec ses Souvenirs de voyage, a fait une fois de plus chanter les mots et montré que l’universalité des contes, qu’ils viennent d’Afrique ou d’Asie, s’exprime merveilleusement en créole.

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Vendredi, sur le Karo Banoir, c’est-à-dire le petit parc boisé à l’entrée du village artisanal, on a pu écouter successivement Simangavole, brut, frais, tonique et … féminin, et Mounawar, toujours aussi sincère et dense avec sa folk des îles de la Lune. Tikok Vellaye a été accueilli par un public conquis d’avance et qui chantait sans se faire prier. Kafmaron, dont c’était le premier concert sur une grande scène, a fait ses débuts dans le feu et l’énergie d’un maloya « rouver » mêlé de reggae, de seggae et d’afro-beat. La soirée s’est conclue en beauté avec la batucada Sours Perkisyon qui, descendue dans le public, l’a fait vibrer sur des rythmes brésiliens.

Kafmaron

Mais le festival ne s’est pas limité à cette solide programmation. On a pu suivre une visite guidée de l’Eperon sur les pas de Loran Hoarau, intervenant patrimoine au CHAM de la Réunion, et comprendre enfin à quoi servait cette curieuse structure en pierre qui partage le Karo Banoir en deux (à laver les bœufs sans se blesser). On a pu en apprendre le nom : le bingn bèf, et guetter les traces du passé encore bien visible dans ce quartier construit autour de l’ancienne usine sucrière.

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En ce mois de la Danse, et toujours dans un esprit d’échange, la compagnie Yun Chane est venue présenter une dernière fois un extrait de son spectacle de danse contemporaine Les Songes de la Horde, et échanger avec des danseurs locaux en voie de professionnalisation. Un rassemblement Hip-Hop a suivi, orchestré par l’association Unit’et Métis. De jeunes moringèrs de Sainte Suzanne, invités en résidence pendant ces quelques jours par Lantant Ponso, ont montré avec brio d’où les danses urbaines réunionnaises tirent leur spécificité, avec des figures aériennes qui en ont surpris plus d’un.

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Enfin, tout au long du festival, avec des ateliers peinture, arts du cirque, moringue et percussions, une salle verte pour s’assoir et causer du passé, du présent et de l’avenir, et un accueil enfant-parent sur la journée du vendredi animé par Zébulo, tout était fait pour que chacun, quel que soit son âge, ait envie de faire, de dire, d’écouter et de partager, d’être ensemble.